SMartBe
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Un intermittent n’est pas un intérimaire
SMartBe voit son service «Gestion de Contrats» se dédoubler.
Le Secrétariat pour Intermittents, que vous connaissez, continuera à gérer les contrats pour vos prestations artistiques.
Par contre, les contrats pour vos prestations non artistiques seront dorénavant gérés par Le Palais de l’Intérim.
A partir de quand?
La nouvelle structure démarre le 20 septembre par une période transitoire.
Le 20 septembre, c’est très bientôt. Les membres ont déjà été informés et vous en ont peut-être parlé. Nous avons conscience que pour certains d’entre vous l’annonce de ce changement dans des délais aussi brefs représente un dérangement.
Aussi nous avons aménagé une période transitoire pour vous permettre de clôturer les engagements en cours sans qu’ils soient affectés par ces changements. Vous devrez ajuster vos prochains contrats non artistiques aux règles de l’intérim.
L’équipe de SMartBe est à votre disposition pour vous aider et vous accompagner dans ces changements. Si vous éprouvez des difficultés, n’hésitez surtout pas à contacter les conseillers.
Nous avons mis tout en œuvre pour que le Palais de l’Intérim corresponde en tout point aux prescrits légaux et vous rende le meilleur service. Pourtant, SMartBe continue à s’interroger sur la pertinence de cette mesure car nous sommes persuadés que l’intérim n’est pas une solution adaptée à l’intermittence.
Pourquoi cette nouvelle structure?
Malgré les arguments que nous avons avancés pour ne pas aller dans cette direction, l’Auditorat du Travail et l’ONSS ont imposé à SMartBe d’appliquer les règles intérimaires aux prestations intermittentes non artistiques, au motif que ce serait la meilleure réponse à l’application du droit du travail pour ce type de prestations.
La solution de l’intermédiaire administratif et financier, tel que proposée par SMartBe, que ce soit pour les prestations artistiques ou non artistiques nous semble la plus adéquate pour répondre à vos besoins.
SMartBe traite les prestations non artistiques. Pourquoi?
Si nous avons, dans un premier temps, développé notre activité et défendu plus spécifiquement les artistes; depuis, nous nous sommes ouverts aux métiers de la création. Pourquoi?
Pour soutenir nos membres artistes!
D’abord, la frontière entre l’artistique et le non artistique est souvent ténue: le graphiste ou l’illustrateur qui est aussi plasticien, le photographe d’art qui fait des reportages, le journaliste ou copywriter qui est écrivain, etc. Autant de métiers liés à la création sans être répertoriés comme artistiques.
Ensuite, les artistes assument également des prestations non artistiques, qui font appel à d’autres compétences, en complément de leurs prestations artistiques pour s’assurer des revenus.
De plus, soutenir les artistes passe par le même soutien à l’ensemble de leurs collaborateurs. En effet, les artistes se font aider par une série de métiers considérés comme non artistiques, indispensables à la production de la création et à sa mise sur le marché : agents intermédiaires, fonctions administratives, logistiques, commerciales, communication… ces métiers connaissent les mêmes conditions de travail et le même type de difficultés socioéconomiques que les artistes eux-mêmes, car elles aussi sont soumises aux risques et aux aléas de l’intermittence professionnelle.
A partir de ces portraits esquissés, il nous paraît clair que les métiers rythmés par l’intermittence ne doivent pas cumuler différents statuts. Par extension, différencier les règles ou modes de fonctionnement par type de prestation ne facilite pas la compréhension et peut même devenir un frein au développement professionnel des artistes.
La solution? Innover et sortir du cadre!
SMartBe innove, enfonce des portes depuis sa création en 1998 pour trouver des solutions originales qui répondent aux situations réelles du travail au projet et de l’intermittence. La première avancée sociale importante a été d’offrir aux artistes un cadre légal et sécurisé pour les sortir du travail non déclaré.
Donner l’accès à la protection sociale des salariés par assimilation en dehors des règles habituelles du droit du travail, c’est ce que prévoit le statut social de l’artiste depuis 2003. Cette amélioration législative confirmait notre vision et l’utilité de notre métier d’intermédiaire administratif entamé 5 ans avant la loi. Il nous semble évident de devoir réfléchir à présent à l’amélioration des conditions de travail. Nous pensons que pour traiter le mode de travail au projet qui sort des sentiers battus de l’emploi salarié classique, un nouveau cadre légal doit être imaginé. Il est vain de vouloir le faire entrer au chausse-pied dans des cadres préexistants (tel que l'intérim), conçus pour s’appliquer à des situations différentes.
Les règles qui fixent les conditions de travail (les conventions collectives du travail) sont souvent inadaptées, dépassées voire quasi-inexistantes pour certains secteurs ou métiers. Les instances de concertation chargées de définir ces règles sont constituées paritairement d’employeurs et de représentants de travailleurs. En réalité, elles représentent les métiers qui sont les plus organisés et installés, mais ne représentent que très partiellement les métiers éparpillés en une constellation d’individus et de toutes petites structures qui fonctionnent à la marge.
La réalité des intermittents, véritables porteurs de projets, est toute autre. Autonomes, ne dépendant pas d’un employeur unique, ils doivent constamment prendre des initiatives et développer de nouveaux projets pour assurer la pérennité de leur activité. Ils ont leur propre clientèle issue d’un travail de réseautage qui n’a rien à voir avec la recherche d’emploi classique ou de la mise à disposition pour un contrat de remplacement pour un travail standard. Leur travail est apprécié parce qu’il apporte une compétence particulière, voire unique.
D’un projet à l’autre, voire même à l’intérieur d’un même projet, ils passent du statut de salarié, à celui d’employeur, puis de donneur d’ordre à celui de client. Cette diversité amène une complexité administrative, sociale, fiscale. Un vrai labyrinthe. L’emploi classique ou l’intérim n’y répondent pas car ne l’ont pas prévu.
SMartBe n’assure pas la gestion du marché de l’emploi, telle une agence d’intérim. Elle intervient comme intermédiaire dans les relations individuelles de travail. En aval jamais en amont. Le nombre de membres est de plus en plus important. Il est le reflet du nombre croissant de travailleurs aux projets et d’intermittents qui font apparaître l’économie du savoir comme une économie génératrice d’emplois et de revenus.
Ces forces de travail méritent l’appui nécessaire pour sortir de l’instabilité pour aller, non pas vers l’intérim comme solution, mais vers un renforcement des structures-services à caractère associatif, tel que SMartBe le propose. Celles-ci permettent, en effet, aux intermittents de mener à bien leur projet en les accompagnant et en les déchargeant de la gestion administrative, financière liée à leur activité. Ce qui permet de stabiliser et de développer leur activité tout en leur garantissant l’accès au statut de salarié ou le maintien de celui-ci plutôt que de recourir à la création d’entreprises autonomes ou au statut d’indépendant pendant toute la période où ils ne disposent que du travail au projet pour maintenir et développer leur activité.
Pour toutes ces raisons, nous pensons qu’il est important de créer une plateforme de revendications la plus large possible pour assurer une représentation crédible et structurer des professions intermittentes qui, par essence, sont souvent individualisées et sous représentées lors des concertations sociales. Aujourd’hui, il faut aller plus loin. Sortons du cadre ensemble.
[par Frédéric Gregoir, Marc Moura et Sophie Van Nuffel]